Orientations des admis au DEF dans les écoles et établissements privés au Mali : La méthode Ag Erlaf fait des vagues

Nommé Ministre de l’Education Nationale, Mohamed Ag Erlaf, fait parler de lui par sa nouvelle méthode  qui ressemble fort bien à un coup de pied dans ce que certains observateurs avisés comparent à une fourmilière qu’était devenu le département de l’Education Nationale. Le fait d’avoir mis un système qui lui permet de suivre les orientations ainsi que les transferts des élèves et étudiants, a permis d’éliminer beaucoup d’écoles et établissements privés qui bénéficiaient depuis belle lurette, de cette grosse manne financière de l’Etat du Mali estimée à des milliards de francs annuellement. La mise en application de ce nouveau logiciel conceptionné par des techniciens de l’éducation nationale, selon nos informations, a permis d’éliminer cette année beaucoup d’écoles et établissements privés dans l’obtention d’élèves ou étudiants admis au DEF pour cette nouvelle année scolaire. « Avec le nouveau logiciel, c’est la fin à l’emporte-pièce  des orientations des admis au DEF», a asséné le Chef de Cabinet du Ministre Erlaf, M. Amadou Alpha Maîga, non moins ex patron du Centre des Examens et Concours au département de l’Education Nationale depuis près de deux décennies déjà. Le CCAB Maïga, l’exécutant et superviseur de la méthode AG Erlaf se défend.

Selon le rapport sur les travaux d’orientation des élèves amis au Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF), session de juin 2017, rend compte des résultats des 110 442 élèves admis au DEF. Les étapes du processus, les critères d’évaluation des établissements d’accueil des élèves, ont été arrêtés et rendu public au cours d’un atelier dit de partage à Ségou les 16,17 et 18 août dernier. « Tous les acteurs ont participé à cette rencontre », explique le CCAB Maïga. Outre l’Association des Ecoles Privées agréées du Mali (AEPAM), les syndicats d’enseignants de l’Education Nationale ; les associations des parents d’élèves; les cadres  administratifs et techniques au niveau central  et des services déconcentrés du Ministère de l’Education Nationale, étaient tous présents pour valider ce rapport qui fixaient les critères d’orientation des admis au DEF, session de juin 2017.

Evaluation des établissements publics et privés

Le rapport précise que 102 établissements publics et 1489 du privé sur la base d’une grille ont été évalué afin d’accueillir les nouveaux admis au DEF.

La grille de notation a prévu des notes sur l’administration de l’établissement (25 points sur 100) basée sur le titre de propriété, le Rapport de rentrée ; le Rapport de fin d’année ; l’annuaire des élèves ; le dossier individuel, l’archivage, le Registre du personnel et le Quitus fiscal et social.

S’agissant des Infrastructures et équipements, leur note varie entre 30 et 100 points. La notation concerne l’existence d’un Bloc administratif  d’au moins quatre bureaux équipés, au moins six salles de classes conformes, aérées  et ventilées ; une salle équipée pour les Professeurs ; une Cour de récréation et d’une aire de détente ; un terrain d’éducation physique et sportive ; une Aire d’expérimentation ; des Laboratoires équipés ; des salles informatiques équipées ; salles de dessin technique équipées ; salles de dactylographie équipées ; un Centre de documentation et d’Information fonctionnel, des ateliers équipés.

L’environnement de l’établissement : Sa note varie entre 10 et 100 points. Ici, l’établissement dois être clôturé, des toilettes pour l’administration ; des toilettes pour garçons ainsi que pour les filles ; une Infirmerie fonctionnelle et un Parking.

Les personnels (30 sur 100 points): L’établissement doit disposer d’un Registre employeur ; un dossier individuel du personnel, existence d’un personnel qualifié avec à la clé la disponibilité d’au moins 30%dupersonnelenseignant permanent.

Résultats aux examens (5 sur 100 points)

Ici, le département insiste sur l’application des programmes officiels ; les résultats obtenus aux examens.

Les principes et les critères d’orientation des élèves

Un dossier ultrasensible du fait des gros montants que l’état paie aux établissements privés. D’où la présente tension qui prévaut.

La méthode Ag Erlaf, selon nos informations après avoir tiré les leçons du passé au niveau de son département, a mis en place un dispositif qui lui permet en personne de suivre les orientations et les transferts d’un établissement vers un autre.

Principes  et critères d’orientations des élèves

Seuls, d’après le rapport, les élèves de nationalité malienne admis au DEF 2016-2017 sont concernés par une orientation publique vers un établissement d’enseignement Secondaire général, technique et professionnel. Des critères ont été retenus.

Les critères de l’âge

Il s’agit des critères de l’âge. Pour ce faire, les élèves de la filière classique âgés de 20 ans et plus ne sont pas orientés ; tous ceux âgésde12 à 16 ans sont systématiquement orientés vers un lycée ; tousceuxâgésde17 ans qui en font la demande, sont orientés vers un établissement d’enseignement technique pour y passer le Brevet de Technicien (BT) ; tous ceux âgésde18 ans, sont systématiquement orientés vers un établissement d’enseignement technique pour y passer un Brevet de Technicien (BT) ; tous ceux âgés de 19 ans, sont systématiquement orientés vers un établissement d’enseignement technique pour y passer un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) et les élèves des médersas sont orientés dans un lycée franco-Arabe.

Les critères de la tendance scientifique

Les nouveaux critères Erlaf permettent aux élèves admis au DEF d’’enseignement technique ou professionnel d’être orienté dans un établissement pour le BT industrie de tendance scientifique pour les élèves ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 13. Pour le CAP industrie, les élèves admis au DEF de tendance scientifique doivent avoir obtenu une moyenne égale ou supérieure à 12.

Les affectations des élèves aux établissements

Elles se font suite à la notation des établissements privés d’enseignement secondaire général, technique et professionnel. Selon le rapport, les élèves des établissements publics doivent être prioritaires dans les orientations jusqu’à saturation de leur capacité d’accueil ; les établissements privés de moins de six classes ne sont retenus ; ceux qui ont obtenus moins de 50 points sur 100, non plus ; repêcher les établissements ayant obtenu moins de 50 points sur 100 lorsque la capacité d’accueil des autres localités est saturée ; aussi que le nombre minimum des élèves orientés dans un établissement doit constituer  une salle de classe (entre 39 à 50) et enfin, respecter le choix des élèves, dans la mesure du possible.

Des missions d’inspection des établissements

Ainsi, les missions qui se sont déroulées du 07 au 18 août dernier dans la plupart des régions du pays sauf Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka, Taoudénit, ont été conduites par des Inspecteurs Généraux, expérimentés et dévoués.

Leur rapport a donné 36 établissements écartés pour nombre de classes insuffisantes ; 116  ont été écartés pour avoir obtenu moins de 50 points sur 100 ; 1337 établissements ont été identifiés pouvant recevoir des élèves ; 712 établissements privés ont été provisoirement retenus pour recevoir les élèves orientés par le département de l’Education Nationale.

Aussi, 28891 élèves ont été orientés vers un établissement publics  (21 894 pour l’enseignement général et 6997 pour l’enseignement technique et professionnel) ; 81 551 élèves  ont été orientés vers un établissement privé (63 751 pour l’enseignement général et 24 797 pour l’enseignement technique et professionnel). Le rapport  que 78% des élèves orientés ont été absorbés par l’enseignement secondaire général ; 22% des élèves orientés se trouvent au niveau de l’enseignement secondaire, technique et professionnel  et 26% des élèves orientés contre 74% pour les établissements privés, se trouvent au niveau des établissements publics.

La méthode Erlaf a été brutale…

Pour des responsables d’établissements privés non retenus pour accueillir les élèves admis au DEF, session de juin 2017, la méthode Ag Erlaf a été brutale et causera des dégâts financiers énormes.

Aujourd’hui, des responsables d’établissements privés poursuivent des pourparlers avec le département pour éviter une banqueroute car ceux qui n’ont pas reçus d’élèves risquent de fermer boutique.

Un logiciel de contrôle

Le CCAB du MEN, M. Amadou Alpha affirme que les orientations des élèves sont terminées. « Toute œuvre humaine n’est  pas parfaite certes, mais la méthode en cours vise à mettre de l’ordre dans les orientations et les transferts des élèves admis au DEF. Nous avons envoyé des missions sur le terrain qui ont fourni des rapports. Nous voulons avoir de la qualité dans la formation », a poursuivi notre interlocuteur. « En fait, le Ministre a décidé de prendre les choses en main. C’est pour cela que nos techniciens ont élaboré un système, c’est à-dire un logiciel de suivi qui a été validé par les Conseillers  pédagogiques. Ce  qui permet au Ministre de suivre les orientations et les transferts. Une innovation qui dérange car, il s’agit d’argent que l’Etat donne aux établissements qui reçoivent les élèves admis au DEF. Cette méthode permet de juguler la baisse de niveau des élèves dans certains établissements qui ne répondaient pas à certains critères. Le département ne peut pas donner des élèves à tout le monde », a ajouté le CCAB.

Trop d’établissements privés créés à l’emporte-pièce

« Il y a eu trop d’établissements privés crées à l’emporte-pièce rien que pour bénéficier  des financements de l’Etat. Cela n’est pas normal. Soyons réalistes, si nous voulons former de bons  cadres de demain ! Avec la nouvel  logiciel, l’objectif visé est de créer  une carte scolaire », précise le CCAB.

Pas de discrimination…

A la question de savoir qu’il y a eu discrimination dans les orientations, le CCAB est on ne peut plus clair : « L’Etat ne peut pas donner des élèves à tout le monde. Des critères ont été élaborés pour ce faire afin de mettre fin à la prolifération d’établissements dont la plupart ont été créés rien qu’en comptant sur le quota de l’Etat. Beaucoup d’établissements ont bénéficiés d’élèves sans que nous tenions de la position politique de leurs promoteurs », a rassuré le CCAB.

870 établissements sont out des orientations !

A en croire nos informations, plus de 870 écoles et établissements privés n’ont pas bénéficié d’élèves du fait de la nouvelle  méthode du Ministre Ag Erlaf que d’aucuns jugent discriminatoire.

Au moment où nous bouclons cette édition, des promoteurs d’établissements qui craignent de mettre les clés sous paillasson puisque causant de véritables manques à gagner, continuent de voir au niveau du département pour sauver les meubles.

Au département de l’Education Nationale, la nouvelle méthode donne au CPS de fournir que d’informations au Ministre et non s’occuper des orientations et transferts comme d’habitude. « Le ministre veut veiller sur tout puisqu’il est déterminé à avoir une carte scolaire pour le Mali. Cela ne saurait être atteint sans faire des mécontents», nous confie une voix autorisée.

Comme on peut le constater au département de l’Education Nationale, chaque ministre qui arrive, tente d’appliquer sa feuille de route. « Ce qui n’est pas sans conséquence. C’est ce qui se passe présentement », remarque un spécialiste. En attendant, les grincements de dents se poursuivent. Au Ministère l’Education Nationale, on tente de calmer comme on peut, nexplique-t-on.

B.D

Encadré

Amadou Alpha, le baroudeur qui dérange !

Haut cadre de l’Education Nationale depuis des décennies, parler de cet homme, c’est rappeler une bonne partie de sa carrière dans ce département sensible dans le développement du Mali.

Mémoire vivante au Centre National des Examens de 2001 à  2013, M. Maïga, connait bien le département de l’Education Nationale. Avec sa méthode, le courant ne passera pas avec la nouvelle Ministre Mme Jacqueline. Il sera écarté. Une attente de courte durée puisqu’il sera nommé par le Ministre Barthélémy Togo, Directeur du Centre des Examens où suite à de fortes pressions, son décret ne sera pas signé par le Président IBK. Avec l’arrivée d’Ag Erlaf, il sera nommé Chef de Cabinet qui lui fait confiance à cause de son dévouement pour une école malienne performante. D’où ce nouveau logiciel pour les orientations des élèves qui fait couler trop de salive et d’ancre. Connu pour son amour d’un travail de qualité, le CCAB, selon un connaisseur, ne recule jamais pour atteindre les objectifs qui lui sont assignés. De nos jours, il s’entend bien avec son Ministre qui lui fait confiance.

B.D

 

Source: Mali Demain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *