IBK juge “antinationale”, la contestation contre la réforme constitutionnelle

Le projet de révision constitutionnelle, la première depuis 25 ans, agite depuis plusieurs semaines la sphère politique malienne.

Le président malien Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) a jugé, mercredi, “anti-nationales” les contestations contre la réforme constitutionnelle.

S’exprimant dans une interview exclusive diffusée mardi sur la télévision nationale malienne (ORTM), IBK a qualifié de «séditieux», non «républicain» et «antinational» le refus de ses opposants d’adhérer au projet de révision constitutionnelle.

Le président malien a, à cette occasion, exposé la finalité des consultations engagées depuis juillet dernier avec les forces vives de la nation autour de ce projet de révision constitutionnelle.

«Une constitution, comme toute œuvre humaine, est perfectible… Au bout d’un moment, il est bon que l’on puisse revoir la copie pour convenir des changements à apporter. Et c’est ce qui a motivé ce projet de révision constitutionnelle qui est une prérogative du chef de l’Etat…», a-t-il souligné.

Ce projet de réforme a été pensé, a-t-il ajouté dans «l’intérêt supérieur de la Nation», rappelant qu’à travers son élection, Il a reçu le mandat du peuple “d’explorer toutes les voies qui peuvent conduire à la paix”.

«La révision constitutionnelle vise à rechercher cette paix», a encore ajouté le président malien, notant que la réforme constitutionnelle se justifie également par la nécessité de se mettre à jour par rapport aux dispositions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment la création d’une Cour des comptes ainsi que par la volonté d’une mise en œuvre effective de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Le président malien s’est en outre, dit “surpris par la réaction de certaines parties qui veulent remettre en cause cette décision et la refusent”, notant qu’une telle position est «séditieuse», «anti-républicaine» et «antinationale».

«Au regard de la détérioration de la situation sécuritaire et de l’absence de l’État dans plusieurs circonscriptions administratives du pays, dont la région de Kidal (Nord), engager une révision constitutionnelle, c’est violer la constitution de 1992», avait rappelé la Plateforme « Antè A Banna ! Touche pas à ma constitution», la principale coalition opposée au projet présidentiel, lors d’une assemblée générale d’évaluation tenue lundi dernier.

Le projet de révision de la Constitution au Mali agite depuis plusieurs semaines la sphère politique.

Cette révision constitutionnelle, la première depuis 25 ans, vise notamment à mettre en œuvre certains engagements de l’accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg du Nord (CMA) et prévoit la création d’un Sénat et d’une Cour des comptes.

Un projet qui agace particulièrement les opposants maliens, qui, malgré un report sine die du référendum initialement prévu le 9 juillet prochain, continuent d’en réclamer le retrait définitif, notamment, à travers des manifestations.

AA/Bamako/Moussa Bolly

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