Forum de la presse : L’imam Mouhamoud Dicko appelle le Président de la République à revoir sa décision pour la stabilité du pays

’imam Mouhamoud Dicko, non moins président du Haut conseil islamique du Mali, était l’invité du 26e numéro de l’émission « FORUM DE LA PRESSE », initié par la Maison de la presse. Il répondait aux questions des confrères Daba Tounkara de la Radio Djèkafo, Mamadou Doumbia de la Radio Kledu et Antoine Dembélé du Renouveau FM. La visite pour sa mission de bons offices qu’il a effectuée à Kidal, la révision constitutionnelle, le phénomène des réseaux sociaux au Mali et l’affaire Ras Bath ont été les principaux sujets abordés lors de cette émission.

 

De prime à bord, l’imam Mouhamoud Dicko a décliné l’objectif de sa mission à Kidal et dans le Delta central du Niger. Selon l’imam Dicko, il était parti rencontré les notabilités et les responsables de la CMA pour échanger avec eux pour le retour de l’administration d’Etat et de l’armée malienne.

Il a expliqué aux journalistes que dès son arrivée à Kidal, lui et sa délégation ont été accueilli par le chef coutumier des Ifoghas, Mohamed Ag Intalla. Après cet accueil, ils ont procédé aux échanges directs avec les chefs des Tribus, les sages, la société civile de Kidal et les responsables de la CMA sur le retour rapide de l’administration à Kidal où encore la mise en œuvre de l’accord d’Alger. A l’en croire, les échanges ont aussi porté sur le retour d’une paix définitive dans les régions du Nord, voire dans tout le Mali. Selon l’imam Dicko, à l’issue de ces rencontres toutes les parties ont manifesté leur bonne foi quand au retour rapide de l’administration à Kidal et réaffirmé l’attachement de la région de Kidal à la République du Mali dans un document dûment signé par les parties. Avec toutes ces assurances, le président du Haut conseil islamique du Mali s’est dit confiant pour la suite et a invité toutes les parties signataires de l’accord à respecter ses engagements pour une résolution rapide de la crise.

Encore une fois, devant les journalistes, Mouhamoud Dicko a insisté sur les objectifs de la mission de bons offices mandatée par le Gouvernement. Laquelle consiste à favoriser un climat de confiance entre les groupes armés et le Mali afin de faciliter le retour rapide de la paix dans notre pays. Le président a aussi rappelé la composition de sa mission, qui comprend, un représentant des familles  fondatrices de Bamako en la personne de Dramane Niaré, un représentant de la famille fondatrice de Sikasso, de Koulikoro, de Ségou et le président de l’Association Djinna Dogon.

S’agissant de la révision constitutionnelle, l’imam Mouhamoud Dicko a été très clair. Selon lui, jusque là, les leaders religieux après une analyse profonde du projet de révision constitutionnelle et des séances d’écoute avec la commission loi de l’Assemblée nationale, n’ont pas constaté des dispositions qui vont à l’encontre de la pratique de nos religions. Par conséquent, il s’est réservé de tout commentaire. Selon lui, « il appartient au peuple de trancher, qui est le seul arbitre et aux politiques de faire les débats politiques dans la légalité. Les leaders religieux interviendront lorsque la stabilité de l’État est en jeu ». Il a aussi profité de cette occasion pour présenter les excuses au nom des leaders religieux pour les propos d’incitation à la violence tenus lors de la rencontre des leaders religieux dans la grande mosquée de Bamako.

Concernant le phénomène des réseaux sociaux et le problème du chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, l’imam Dicko a tout d’abord dénoncé les propos injurieux à l’encontre des personnalités du pays. Il a estimé que le procès de Ras Bath est un non évènement. Car, pour lui, « il y a un malaise, il ne fait que dénoncé les dérives du pouvoir, comme tout citoyen peut le faire. Donc, il est toujours sous le contrôle de la loi et  que le jour où il dépassera les limites les leaders religieux n’hésiteront pas à lui faire revenir à la raison ». Il a toutefois appelé le Président de la République à revoir sa décision pour la stabilité du pays. Car, selon lui, le projet de révision est vivement contesté par le plus grand nombre de la population malienne.

Mamadou Nimaga

 

Source: La Lettre du Peuple

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