Fin de la mission de Mahmoud DICKO à Kidal: les propositions des groupes armés

La délégation de bons offices, conduite par l’Imam Mahmoud DICKO, est arrivée de Kidal depuis mardi dans l’après-midi avec dans ses valises les propositions faites par les communautés locales, mais aussi et surtout celles des deux groupes armés qui se disputent le contrôle de la région. Si la mission peut être considérée comme étant accomplie, les positions contradictoires affichées par les acteurs ne poussent guère à l’optimisme

 

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Pour mieux impliquer les communautés à la paix qui peine à se concrétiser dans le Nord de notre pays, malgré la signature d’un accord entre les parties au conflit et les différents accompagnements de la communauté internationale, le gouvernement a jugé utile d’envoyer une mission de bons offices à Kidal, après la 19e session du Comité de suivi. Certes, elle consistait à ramener sur la table de négociations les différents groupes armés, afin d’obtenir, de façon définitive, un cessez-le-feu. Mais le était de permettre à l’administration malienne de retourner à Kidal.
Aussi, la mission devait-elle contribuer à faire en sorte que la population locale participe et adhère aux échanges pour faciliter la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, notamment à travers la mise en place du MOC et des autres mécanismes.
À Kidal depuis, la semaine dernière, le jeudi 27 juillet dernier, la mission de bons offices a eu une rencontre avec les ex mouvements séparatistes de la Coordination des mouvements armés (CMA). Parmi ses propositions on note «la nomination d’un gouverneur neutre, la mise en place du Mécanisme Opérationnel (MOC) à Kidal avec 200 éléments des FAMA et 200 éléments CMA, sans les éléments du GATIA ni pro GATIA, vu la tension actuelle qui persiste, en entendant qu’une solution d’apaisement soit trouvée dans la région de Kidal, la prise en compte des accords d’Alger par l’amendement de la Constitution du Mali et le retour aux dispositions du cessez-le-feu prévues par l’Accord d’Alger signé du 20 juin 2015 ».
À l’opposé, les membres de la Plateforme rencontrés à Kidal par la délégation de l’imam DICKO, ont fait sept propositions relatives à ‘‘La mise en place immédiate du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) de Kidal dans le format et les conditions prévues par l’accord d’Alger, l’organisation des patrouilles mixtes à Kidal ; le cantonnement immédiat, la démobilisation et le désarmement des combattants non impliqués dans le MOC et dans les sites prévus à cet effet ; le retour et l’installation du gouverneur de Kidal avec toutes les directions régionales des services techniques et sociaux de base ; le redéploiement de l’Armée nationale refondée et reconstituée ; la mise en place et l’exécution d’un programme Inter et Intracommunautaire pour régler tous les conflits ; l’association des responsables de la Plateforme à la gestion politique et administrative de la ville de Kidal’’.
Avant un rapport officiel du président de la mission de bons offices, il serait très tôt de crier victoire, puisqu’il s’agit jusque-là de deux positions irréconciliables. En effet, si la Plateforme tente, malgré ses difficultés, d’être plus proche possible de l’accord, la CMA, elle affiche une dynamique de rupture. Ses propositions ont tout l’air d’une belligérance, conforme à la tension qui prévaut, depuis plus de deux semaines sur le terrain.
Dans une interview accordée au confrère du Journal du Mali, l’imam Mahmoud DICKO a affirmé qu’il partait optimiste à Kidal.
« Je ne peux rien assurer. Je dis tout simplement que je suis optimiste. On m’a confié une mission et je compte bien la remplir. Je ne peux pas dire que, parce qu’elle est compliquée, je n’arriverais pas. Sinon, à quoi cela servirait-il ? Je suis un croyant. Je me confie à Dieu et j’attendrai la fin de la mission pour tirer des conclusions, pas avant ».
Si les positions restent pour le moment inconciliables, il convient de retenir que le grand acquis et l’espoir pour la paix résident dans le contact entre les parties maliennes au conflit qui malgré les difficultés ont des cadres de discussion qu’il faut pérenniser.
Ce qui reste à faire, c’est le bon usage des résultats de cette mission par le gouvernement qui avait pensé y trouver une voie rapide d’aboutir à la paix tant recherchée par les populations maliennes.
Actuellement, c’est l’opérationnalisation des autorités intérimaire et du MOC à Kidal, le retour et l’installation du gouverneur dans la région qui sont les prochaines étapes de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. Ces étapes sont bloquées à cause de la tension qui couve actuellement dans la région, une crise reconnue par le monde entier comme une violation du cessez-le-feu par des parties à l’accord, notamment la CMA et le GATIA.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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