Elections au Kenya: le pays retient son souffle

Au Kenya, près de 20 millions d’électeurs sont appelés à élire leur président, mardi 8 août, mais aussi leurs parlementaires et leurs représentants locaux. Deux blocs sont face à face, celui du président sortant Uhuru Kenyatta et celui de son principal opposant Raïla Odinga. RFI s’est déplacé à Kisumu, bastion de l’opposition, dans l’ouest du pays, puis dans la capitale Nairobi. Toute la journée de ce lundi 7 août, le matériel électoral a été déballé, puis distribué dans les différents bureaux de vote.

A Kisumu, un grand nombre de bureaux de vote attendaient toujours, ce lundi soir, leurs bulletins et leurs urnes. Le transport du matériel électoral se fait sous escorte policière et, malgré quelques retards, John Cox, directeur de la Commission électorale du comté, se montre confiant.

« La totalité du matériel et des équipes seront en place lors de l’ouverture des bureaux de vote à 6 heures du matin » assure-t-il.

A Kisumu, le travail de la Commission est suivi de près par les habitants, majoritairement favorables à l’opposition. Beaucoup d’entre eux se rendent dans les bureaux de vote pour vérifier qu’ils figurent bien sur les listes électorales. D’autres expriment leur inquiétude.

Pamela Obara qui votera à Kondele, un des bidonvilles de Kisumu, espère que les kits de transmission électronique des résultats « fonctionneront normalement sinon, il pourrait y avoir des trucages », dit-elle.

En tout cas, les habitants ont remarqué l’important dispositif policier déployé dans la ville, considérée comme une zone à risque. En 2007, de violentes manifestations y avaient éclaté après l’annonce de la victoire contestée de Mwai Kibaki. La semaine dernière, le commissaire du comté a tenu à rappeler que toute manifestation spontanée serait interdite pendant et après le scrutin.


■ Reportage : derniers préparatifs dans un centre de vote de Nairobi

Dans la cour de l’école primaire de Kilimani, de longues listes d’électeurs sont affichées. Des dizaines d’habitants du quartier, comme Firta Djiro, scrutent les lignes pour connaître leur bureau de vote : « C’est pour repérer la bonne file d’attente. Car si vous vous êtes trompé et que la machine ne vous reconnait pas, vous allez devoir refaire la queue. Après les gens sont mécontents, ils se sentent blessés. Il faut que chacun se sente heureux de voter. »

Dans le hall du centre, les paquets de bulletins et les boîtiers numériques à reconnaissance biométrique sont sur le point d’être envoyés dans les bureaux. Pour Naomi Doreen Marani, une des responsables de l’IEBC, il n’y aura pas de défaillance du système. « Je ne me sens pas sous pression. Nous sommes prêts. Toutes les machines fonctionnent, elles savent même combien de votants dans chaque bureau donc si un chiffre erroné est enregistré, le résultat ne pourra pas être envoyé », rassure-t-elle.

La journée a servi aussi à répondre aux dernières interrogations des agents qui appartiendront aux différents partis. « On veut recevoir nos badges pour prouver qu’on est un représentant officiel, affirme Shadrack Obimbo, chef d’équipe. C’est au cas où quelqu’un cherche à se faire passer pour un agent. Et puis on a eu un briefing sécurité car nous sommes tous de camps adverses. Donc j’ai besoin d’être protégé au cas où un autre agent cherche à m’attaquer. »  Chaque candidat a le droit d’avoir un agent par bureau. Vu le nombre pléthorique de compétiteurs, 15 000, cela promet quelques moments de friction.

Chronologie et chiffres clés
rfi

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