Edito : Le régime à plat ventre

La récente posture du régime face à la situation récurrente que traverse le Mali laisse à réfléchir, plusieurs fois, sur la capacité des tenants du pouvoir à rétablir l’autorité de l’Etat et répondre à hauteur de souhait aux doléances émanant du bas peuple.

Elle ne surprend personne, du moins les observateurs avertis qui savent que ce régime a pour surnom international l’amateurisme. Il est hostile aux propositions extérieures ; il s’oppose  à toi, s’agrippe à son orgueil et ne met de l’eau dans son vin que lorsqu’il est avalé par ses propres pièges.

La semaine dernière, j’apprends que le Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a entrepris des consultations pour une éventuelle synergie des points de vue des Maliens afin de faire face aux problèmes qui nous assaillent. J’étais cotent mais à la fois écœuré d’apprendre cela. L’appel à l’union a été lancé par les Maliens depuis longtemps mais il n‘a jamais reçu d’écho favorable de la part de Koulouba.

Cela a contribué considérablement à la détérioration de la situation sur le terrain.  Il est vrai que ‘’mieux vaut tard que jamais’’, mais ce qui est révoltant, les tenants du pouvoir se réveillent à tout moment en retard. Ils attendent d’abord à ce que la situation se pourrisse. IBK s’est toujours illustré par cet état de fait. Quand les gens s’opposent à ses démarchent dans la résolution de la situation malienne, au lieu de les prendre en compte, il s’énerve, critique et va jusqu’à qualifier ceux-ci d’aigris ou d’apatrides. Des hommes qui ne veulent pas du tout lui voir réussir dans sa mission pour le Mali.

Mais à chaque fois, il rend à l’évidence que sans union nous ne sortirons jamais satisfaits des dangers à combattre. Quatre ans durant, le même comportement. Pourquoi IBK ne change pas ?

La tension autour du projet de révision constitutionnelle a aussi fait  l’objet d’une série de  rencontres entre le Chef de l’Etat et les différentes sensibilités du pays. Et  pour que cela soit, il a fallu des rapports de force engagés par un camp dénommé la plateforme AN TE A BANNA qui s’oppose catégoriquement à un tel projet au moment où le Mali est sous plusieurs menaces qui impactent sur la présence de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire.  Cette consultation n’est pas fortuite.

Le régime a voulu passer par tous les moyens possibles pour imposer le référendum, mais cela n’a pas marché. Il a échoué. Le peuple s’est opposé, des messages internationaux se sont opposés et les groupes armés ont juré que la volonté présidentielle ne s’exprimera jamais au nord du Mali sans la mise en place de certains préalables. La coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) exige même la prise en compte de certaines dispositions de l’accord d’Alger.  Voilà  des réalités sur le terrain qui ont contraint IBK à courber l’échine.

Le Premier ministre, chef de l’exécutif, a aussi laissé les Maliens sur leurs faims lors de la présentation de son bilan de 100 jours à la primature et ses perspectives. Abdoulaye Idrissa Maïga n’a rien dit de convainquant. Des réponses et promesses fleuves et parfois il évitait certaines questions. Le PM n’a rien dit de rassurant. Ses propos attestent que le régime n’a aucune perspective pour le Mali. Il s’illustre comme son Président par des critiques à l’endroit des adversaires politiques et veut défendre l’indéfendable : refuser de reconnaitre que l’intégrité du territoire est menacée. Malgré tout, il se dit ouvert à discuter avec tous les Maliens afin de trouver une piste éclaire pour la sortie de crise.

Alors je leur dirai de reconnaitre qu’ils ont échoué. Ce n’est pas une question d’individus ou de groupes, c’est le Mali. Et affirmer publiquement leur échec aux citoyens est sage. Cela ferait qu’ils bénéficieront d’ailleurs du pardon du peuple. Sinon aujourd’hui, ils n’ont de la place dans le cœur de personne car ils sont considérés responsables de toutes les souffrances vécues par le peuple malien au dedans comme au dehors.

Boubacar Yalkoué

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