Dietrich Becker : «Si la Minusma se retire aujourd’hui, c’est la fin du Mali»

«Si la Minusma se retire aujourd’hui, c’est la fin du Mali. Certains nationalistes réclament le départ des forces françaises, mais ils oublient que c’est la France qui a sauvé le Mali en 2013. La France n’est pas là pour diviser le Mali, mais pour le stabiliser». Ces propos ont été tenus par l’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Dietrich Becker, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée le mardi 26 septembre à la Maison de la presse.

Dans le cadre de la fête de l’indépendance du Mali et de la journée de l’unité allemande, qui sera célébrée le 3 octobre, l’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Dietrich Becker, a animé une conférence de presse pour faire le point du partenariat entre son pays et le Mali.

En faisant le constat sur le partenariat Mali-Allemagne, l’ambassadeur Dietrich Becker a indiqué qu’il s’agit d’un partenariat renforcé et multiforme, tant dans la coopération au développement qu’en matière de sécurité. Selon le conférencier, la coopération est au cœur du partenariat entre le Mali et son pays, car plus de 100 projets et initiatives de la coopération allemande sont mis en œuvre avec un total de 430 millions d’euros de fonds. À l’en croire, il y a tout juste trois semaines, deux nouvelles conventions bilatérales ont été signées entre le Mali et l’Allemagne.

Dietrich Becker a expliqué que son pays a bien élargi son engagement au Mali avec trois axes principaux : la décentralisation, l’agriculture et l’eau. Avant de souligner que les projets de la coopération allemande sont mis en œuvre par de nombreux acteurs, comme la Welthungerhilfe, la coopération allemande pour l’éducation des adultes, la Giz, la Kfw, la Borda et Archenova.

Il a également fait savoir que l’engagement de l’Allemagne au Mali est aussi orienté vers le secteur de la sécurité. Selon lui, son pays continue  à participer depuis 2013 à la Minusma avec jusqu’à un millier de soldats  allemands actuellement déployés à Gao et Bamako et des dizaines de policiers dans l’UNPOL. Il a signalé que 4 hélicoptères de combat Tigre et 4 hélicoptères de transport NH-90 sont affectés à cette mission pour laquelle deux soldats allemands sont tombés en 2017 pendant une opération dans le Nord du Mali.

En outre, l’ambassadeur Dietrich Becker a informé que l’Allemagne avec ses partenaires continuera à former des soldats maliens à Koulikoro et au  Nord, avec un dispositif de 150 soldats dans le cadre de l’Eutm Mali.  Il a en outre mis un accent particulier sur l’opérationnalisation prochaine de la Force conjointe du G5 Sahel et l’appui que l’Allemagne compte y apporter dans le cadre de l’initiative Sahel.

«Ici, nous attendons toujours des projets crédibles et concrets. La réussite de la Force conjointe exige des ressources humaines. Sans une gestion efficace des ressources humaines, les forces de sécurité ne peuvent pas répondre aux divers défis», a déclaré Dietrich Becker.

Au plan politique, le conférencier a félicité les parties prenantes de l’accord pour la paix et la réconciliation. «Je me réjouis de la signature d’un accord de cessez-le feu. Cet accord témoigne de la volonté des deux parties à faire taire les armes et à travailler ensemble pour une paix durable. Il est l’heure de sortir enfin d’une logique de violence et de guerre. L’Allemagne attend le lancement du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion. L’Allemagne a aidé la Minusma à préparer les infrastructures de ce processus de DDR. Il n’y a plus aucun prétexte pour traîner», a conclu le conférencier.

Répondant aux questions des journalistes, l’ambassadeur d’Allemagne au Mali a fait savoir que «si la Minusma se retire aujourd’hui, c’est la fin du Mali».Tout en indiquant que c’est «la France qui a sauvé le Mali en 2013. La France n’est pas là pour diviser le Mali, mais pour le stabiliser.

Diango COULIBALY

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