Athlétisme: Abdul Hakim Sani Brown, l’étoile noire du Japon

Abdul Hakim Sani Brown est devenu à 18 ans et 5 mois le plus jeune coureur à prendre part à la finale d’un 200 mètres des Championnats du monde, ce 10 août à Londres, où il a fini 7e. Le Japonais a ainsi effacé des tablettes un autre record d’Usain Bolt. Ce fils de Ghanéen confirme au passage son statut de grand espoir de l’athlétisme.

De notre envoyé spécial à Londres,

Ne demandez pas Abdul Hakim Sani Brown s’il se sent un peu Ghanéen. Le sprinteur répondra au mieux par un rire gêné. « Je suis né au Japon et j’ai été élevé au Japon », rappelle celui dont le père vient du pays des « Black Stars » et dont la mère est une ancienne hurdleuse nippone.

Une chose est sûre, en revanche : Abdul Hakim Sani Brown est décidément un talent précoce. A 18 ans et 157 jours, il est en effet devenu le plus jeune finaliste sur 200 mètres de l’histoire des Mondiaux d’athlétisme, ce 10 août 2017 à Londres. Il a ainsi fait mieux qu’un certain Usain Bolt, âgé de 18 ans et 355 jours en finale de l’édition 2005. « Je suis très heureux d’avoir participé à la finale durant ces Championnats du monde et très fier de représenter le Japon », glisse le post-adolescent dans son anglais encore hésitant.

Il y a deux ans, le Japonais était déjà le plus jeune participant de l’histoire des Championnats du monde sur 200 mètres. Et ça ne l’avait pas empêché d’atteindre les demi-finales de l’édition 2015. En 2017, il est aussi parvenu à atteindre les demi-finales du 100 mètres. Mais Abdul Hakim Sani Brown ne semble pas se contenter de ça. « Je pense que mon 200 mètres a été assez bon, à Londres. Sur 100 mètres, j’ai eu une grosse hésitation. Je pense que je peux progresser à partir de tout ça et être ainsi meilleur lors des prochains Mondiaux et JO », conclut-il avec son air juvénile et sa silhouette longiligne qui contrastent avec l’aspect des autres sprinteurs, massifs et tatoués.

« Il sera parmi les meilleurs »

« Il est impressionnant, commente le sprinteur ivoirien Ben Youssef Méité. A son âge, disputer la finale des Championnats du monde, c’est waouh… Quand on le voit, il dégage beaucoup de choses : du sérieux et l’esprit de quelqu’un qui a faim de réussite ». Le champion d’Afrique du 100 mètres ajoute : « Il est réservé, il n’est pas agité comme la plupart des autres jeunes. Ça prouve qu’il fera quelque chose de bien, qu’il sera parmi les meilleurs, à l’avenir. »

Abdul Hakim Sani Brown semble en outre avoir pris de l’assurance depuis les Mondiaux de Pékin. Son forfait pour les Jeux olympiques 2016, à cause d’une blessure, a été une première grosse déception dans sa carrière. Il a précédé une décision importante : le jeune homme a laissé l’archipel pour s’entraîner sous la houlette du célèbre coach américain Rana Reider qui s’occupe de nombreux(ses) champion(ne)s, dont la Néerlandaise Dafne Schippers. Une bonne chose pour l’avenir du Japonais, à en croire Ben Youssef Méité.

« Sa technique de course n’est pas bonne, assure l’Ivoirien juste après la finale du 200 mètres.Il est ‘brut pour le moment. Il n’a pas de technique, ses bras vont n’importe où lorsqu’il court. C’est justement ce qui prouve qu’il a de la marge de progression. Si on réussit à régler ça, il sera très, très, très bon ».

L’émergence d’Abdul Hakim Sani Brown est évidemment du pain béni pour la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et la Fédération japonaise, à trois ans des Jeux olympiques de Tokyo. Au pays du Soleil Levant, l’athlète est en effet attendu au tournant depuis qu’il a effacé un autre record d’Usain Bolt, en juin 2015, en Colombie : celui du 200 mètres des Championnats du monde de jeunes (17 ans et moins). Précocité, quand tu nous tiens…

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